02.08.2007

Bhagavad Gîta : Commentaires sur le Chapitre I

Mais la moralité n'est pas la volonté divine. Au delà des règles de conduite édictées par les hommes, au delà même de la vie et de la mort, et d'une façon plus générale, du plan matériel, s'imposent des desseins autrement plus élevés. Sans doute dans les plans divins, il est parfois nécessaire de tout détruire pour pouvoir construire quelque chose de plus grand, de plus haut et de toujours plus proche du Divin Lui-même. Ainsi Arjuna, par la destruction qui s'opère en lui – de ses croyances et de ses attachements – va pouvoir devenir un instrument conscient du Divin dans Krishna, afin d'accomplir Sa volonté. La remise en cause profonde de ses propres principes souvent erronés, préjugés et conceptions mentales limités, ainsi que de ses attaches ou rejets affectifs, peut être le point de départ d'une recherche sincère, et finalement la découverte d'une vérité plus élevée. L'enseignement premier de la Bhagavad Gîta nous montre ce qui sera ultimement détruit. Mais l'enseignement intérieur de la Bhagavad Gîta nous montre ce qui peut être dès maintenant transformé. Avec la Bhagavad Gîta commence le vrai travail du Yoga.

30.07.2007

La Bhagavad Gîta : Chapitre I

Chapitre I : Hésitation et Dépression d'Arjuna Ainsi Sanjaya, à la demande de Dhrtarashtra, raconte comment Duryodhana, son fils aîné, fait l'inventaire des héros des deux camps à Drona, instructeur des deux armées en présence. Il cite notamment Bhima, chef de l'armée des Pandavas et Bhisma, chef de son armée, les Kauravas. Mais en réalité, ces soi-disant opposants sont pour la plupart issus de mêmes familles et sont étroitement liés par l'amitié et le respect, ce qui va poser de graves dilemmes à Arjuna dans ce premier chapitre de la grande bataille de Kurukshetra. Alors que les conques, trompettes et tambours de toutes sortes annonce le début de la bataille, Arjuna demande à Krishna de placer son char entre les deux formations afin de lui permettre de voir ceux qu'il doit combattre. Mais, dans ce tumulte invraisemblable, reconnaissant tant de proches – parents ou amis – pour la première fois de sa vie faite d'héroïsme, la peur de voir mourir des êtres chers et le doute quant à la nécessité de lutter envahissent Arjuna. Celui-ci pris de vertige s'effondre presque, devenant incapable de poursuivre sa mission, prêt à renoncer au combat et à la victoire, à sa vie même, pour la sauvegarde de son peuple ainsi que ses principes moraux.

28.07.2007

La Bhagavad Gîta : Résumé du contexte

La Bhagavad Gîta – le chant du Seigneur – est le sixième livre du Mahabharata, cette gigantesque épopée dictée par le grand sage Vyasa à Ganapati, fils du Seigneur Shiva. L'épisode de la Bhagavad Gîta, qui en est véritablement le cœur, prend la forme extérieure d'une bataille entre le bien et le mal, représentés respectivement par deux familles cousines, les Pandavas et les Kauravas. Mais le véritable prétexte est celui d'un enseignement intérieur, dans lequel le prince et maître spirituel Sri Krishna inspire et illumine son disciple Arjuna, fils de Pandu et de Kunti. Le frère d'Arjuna, Yudhishthira, aîné des cinq Pandavas, a perdu son royaume au jeu de dés contre Duryodhana, aîné des Kauravas et habile tricheur. Les Pandavas, à leur retour d'un exil de 13 années, se retrouvent en conflit avec les Kauravas qui ne veulent pas leur rendre même une parcelle de leur royaume. Duryodhana, contre l'avis de tout le monde, y compris de ses proches, se prépare à la guerre. La veille de la bataille, Duryodhana et Arjuna se retrouvent sous la tente de Krishna, combattant d'une incroyable valeur et chef d'une vaste armée, chacun voulant obtenir son aide. Celui-ci souhaitant être équitable, donne à Arjuna, le plus jeune, le choix entre sa propre personne et son armée, laissant l'autre possibilité à Duryodhana. Arjuna, sans aucune hésitation, choisi son maître et créateur de l'armée, laissant à son principal adversaire la création de Krishna. De plus, Krishna ayant fait la promesse de ne pas combattre, Arjuna lui demanda d'être le conducteur de son char. Dhrtarashtra, père des 100 Kauravas, est aveugle. Le sage Vyasa propose à Dhrtarashtra le pouvoir de vision afin qu'il puisse suivre le déroulement des combats, du début à la fin. Mais celui-ci refuse, de peur de voir la destruction des siens et notamment de ses fils. Le cœur torturé par le péril imminent de ses proches, il demande cependant au sage le don de vision à quelqu'un qui pourra lui faire le rapport des événements. Ainsi Sanjaya, le conducteur de char de Dhrtarashtra, obtint le pouvoir de suivre les combats à n'importe quel distance.